Quelles sont les solutions ?

Accessoires, thérapies manuelles, supplémentation, médicaments… 

Trouver la solution pour son cas particulier

Après avoir consulté votre vétérinaire, éliminé toutes les causes physiques possibles, le verdict tombe : votre cheval est atteint de Headshaking idiopathique. Que faire ?

 

Toutes les personnes familiarisées avec ce syndrome savent que chaque cas est unique. Il faut parfois savoir se transformer en Dr House pour comprendre les tenants et les aboutissants du syndrome et tenter d’aider son compagnon équin.

 

Nous passons tout d’abord par de longues heures de recherches sur le net pour comprendre l’étrange comportement de son cheval, essayer de poser un diagnostic, comprendre ce syndrome. Pour les plus « chanceux », leur vétérinaire aura posé le diagnostic, ce syndrome étant de plus en plus connu au fil des années. Reste encore un long chemin afin de trouver la cause et des solutions. C’est alors que l’humain, propriétaire/partenaire de vie de son cheval, prend tout son rôle. Il faut s’entourer de professionnels compétents, développer son sens de l’observation, de la déduction et sa curiosité intellectuelle, afin de naviguer entre les différents tests, examens, et théories. Vous côtoyez votre cheval au quotidien, personne ne le connaît mieux que vous, vous serez donc plus à même de choisir les pistes et professionnels qui semblent les plus pertinents en fonction de votre cas.

Anaïs témoigne, « J’ai observé, ressenti, j’ai beaucoup écouté mon cheval, je me suis renseignée, j’ai posé des questions, si ça ne fonctionnait pas ou que le cheval montrait des signes négatifs (quand pendant le soin shiatsu je voyais bien qu’il ne recevait pas le soin, il exprimait que ça ne lui correspondait plus) je n’insistais pas. À chaque fois j’ai demandé des comptes rendus, j’ai fait confiance aux pros, je les ai fait bosser ensemble en communiquant les infos de l’un à l’autre, en questionnant et en parlant avec eux. Bref, faites vous confiance, écoutez sincèrement vos intuitions et vos chevaux, même si sur le moment ça n’a pas toujours vraiment de sens, ça en aura plus tard.« 

Deux interventions chirurgicales existent aujourd’hui mais avec des taux de réussite extrêmement bas et un taux de récidive, voire d’aggravation très élevé. Ces interventions ne sont conseillées qu’en dernier recours : névrotomie ou implantation d’une bobine de platine. L’Université de Bristol a quant à elle récemment élaboré un nouveau traitement appelé PENS therapy (Percutaneous Electrical Nerve Stimulation) qui consiste à stimuler électriquement le nerf afin d’en diminuer sa sensibilité. Ce traitement est encore peu pratiqué, très coûteux et nous disposons de peu de recul mais il semble prometteur.

Il y a plusieurs catégories de solutions à explorer : accessoires, thérapies manuelles, supplémentation, médicaments.
Afin d’être le plus efficace possible dans son choix d’accessoires ou de « traitements » il est recommandé de tenir un carnet de bord. On y renseigne les éléments environnementaux (pollens, température, indice UV, pollution, météo) et les observations/séances. On peut ainsi dégager les éléments déclencheurs du Headshaking et s’orienter vers les solutions les plus appropriées. Il faut garder en tête qu’il est difficile de trouver la bonne combinaison, chaque cas est unique, donc cela peut prendre du temps, et cela peut représenter de gros budgets.


Accessoires

Nose-net

Le plus populaire de tous, de nouveaux modèles fleurissent régulièrement. Les coupes, matériaux, densité, solidité varient et tous ne sont pas efficaces. L’idéal est de trouver un nose-net (filet de nez) qui englobe au maximum les naseaux, afin d’être en contact avec ceux-ci. Attention, la matière doit permettre au cheval de respirer correctement, et l’accessoire doit rester en place pour être efficace (on ajoute parfois un élastique sous le menton pour le maintenir à sa place).

Le plus connu et efficace reste l’Equilibrium, son prix est un peu élevé mais il comprend trois filets, et contrairement à beaucoup d’autres modèles, celui-ci est réglable en longueur.
D’autres marques : Le Mieux, Horze, HKM, Cashel, Showmaster…
Avant d’investir vous pouvez tester l’efficacité d’un tel dispositif avec un simple collant. Parfois il s’avère même plus efficace que le nose-net. Comment fabriquer un nose-net avec un collant.

Le nose-net semble agir comme un contre-stimuli, le contact sur le nez calme la sensation de douleur, chatouillement (comme lorsque vous avez envie d’éternuer, appliquer une pression sous le nez peut vous soulager). C’est donc une solution qui masque le problème, elle peut vous apporter un peu de répit, mais elle ne fait pas disparaître le Headshaking.

Vous êtes nombreux à devoir batailler afin de pouvoir utiliser les nose-nets (filet de nez ou « cache-naseaux ») en concours.

Leur autorisation dépend de la discipline, de l’épreuve, des juges… A quand une autorisation toute discipline et tout niveau confondu ? Leur usage se répand à haut niveau mondial (photo : Pénélope Leprevost et Flora de Mariposa), il est temps que la FFE fasse avancer les choses !

Voici un témoignage à ce sujet : « Je suis cavalière et propriétaire depuis 3 ans d’une jument de 7 ans qui se nomme Dowena. Elle est atteinte du syndrome de Headshaking, nous l’avons amenée à Lyon à l’école vétérinaire où il nous a été fortement conseillé de lui faire porter un filet de nez/nose-net ce qui a radicalement changé ma jument même sous un temps de pluie ou de vent. Cependant je pratique le concours complet depuis maintenant 4 ans (dont 2 ans en amateur). En club parfois sur le dressage on m’autorisait le filet de nez mais en amateur on me le refuse systématiquement et je vous laisse imaginer l’impact que cela peut avoir (la jument est incontrôlable si le temps est humide ou si il pleut) nous avons même déjà été éliminé sur un dressage… Accompagnée de ma monitrice nous avons envoyé un courrier à la FFE joint de vidéos montrant Dowena au travail sous la pluie avec et sans son filet de nez ainsi que l’attestation de l’école vétérinaire mais aussi avec le règlement de la FFE montrant que le filet de nez est autorisé en dressage pur et non sur le dressage du complet… Après de longues semaines à attendre leur réponse ma monitrice a donc appelé et on lui a répondu qu’ils en parleraient lorsque qu’ils changeraient le règlement (mai). »

NDLR : Ce témoignage date de 2015, le règlement FFE 2019 en CCE interdit toujours le nose-net « sous peine d’élimination » en dressage.

Masque anti-UV

Beaucoup de chevaux atteints de Headshaking sont photosensibles, c’est à dire sensibles aux UVs. Pour certains le simple fait de porter un masque anti-UV suffit à faire disparaître les symptômes. Il faut cependant veiller à ce que le cheval le porte toute la journée. En effet, imaginez avoir une migraine à cause du soleil, mettre des lunettes de soleil pour aller faire un jogging ne fera pas disparaître le mal de tête, il aurait fallu agir avant que celui-ci n’apparaisse.

D’après une étude du Dr Madigan, 21 chevaux sur 31 atteints de headshaking étaient diagnostiqués comme étant photosensibles. De nombreux masques anti-UV sont maintenant sur le marché, tous ne sont pas compatibles avec l’équitation mais vous avez énormément de choix. Il faut noter que tous ne bloquent pas la même quantité d’UV. A ma connaissance le plus efficace à ce jour reste le Guardian Mask, qui représente un gros budget, peut parfois blesser autour des yeux, mais filtre la quasi totalité des UVs.

D’autres marques : Equilibrium, Farnam, Rambo, Absorbine, Professional’s Choice, Cashel, Felix Bühler, Le Mieux, Harrison Howard, Equidiva…

Il existe également des lunettes, destinées à l’équitation, de la marque Equi Diva ou eQuick (eVysor).

Autres accessoires

Harnachement : têtière déportée, sans frontal, sans muserolle, sans mors, plusieurs options à tester et qui peuvent soulager les chevaux atteints de Headshaking.

Frange à mouches sur la muserolle : au lieu d’attacher la frange à sa place « traditionnelle » sur le frontal, vous pouvez essayer de l’accrocher au niveau de la muserolle. Vous pouvez également lester les franges à l’aide de perles afin que le contact soit plus franc.

Tenture de box anti-UV (exemple : BoxProtec)

Techniques de thérapie manuelle, fluidique, énergétique


Ostéopathie, cranio-sacré, shiatsu, acupuncture, magnétisme, biorésonnance…
 

Supplémentation

 

  • Compléments alimentaires : Shake No More (Hilton Herbs), PolleneX (Global Herbs), Shake Relief (NAF), Phyto Encensé (Arbalou), Shaker Gard (Equine America), Top Stock Equestrian, Shake’less (Vital Herbs)…
  • Plantes (fraîches, séchées, huiles essentielles, gemmothérapie, herbes médicinales chinoises, fleurs de Bach…)
    Quelques plantes aux propriétés intéressantes : ortie, camomille, aloe vera, curcuma, bourgeon de cassis…
  • Minéraux, vitamines, substances organiques : magnésium, MSM (Methyl-Sulfonyl-Methane), vitamines B, miel, sel non raffiné, EM-A, spiruline…

Médicaments (sous prescription d’un vétérinaire)

  • Cyproheptadine, Cétirizine ou Zyrtec (antihistaminiques)
  • Carbamazepine ou Gabapentine (antiépileptiques)
  • Corticoïdes
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens
  • Mélatonine…

Effets positifs de traitements ou accessoires sur 130 chevaux atteints de Headshaking

  • Nose-net 53% 53%
  • Masque 53% 53%
  • Protection contre les insectes 21% 21%
  • Cyproheptadine 48% 48%
  • Carbamazepine 25% 25%
  • Corticoïdes 55% 55%
  • Anti-inflammatoire non stéroïdien 18% 18%
  • Antihistaminiques 33% 33%
  • Mélatonine 47% 47%
  • Magnésium 43% 43%
  • Mélatonine et magnésium 55% 55%

Department of Veterinary Medicine and Epidemiology, University of California Davis, Science Supplements
(Pickles, Aleman, Marlin, Adams, Madigan, 2014)